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L’entrée dans le monde professionnel après des hautes études n’est pas toujours évident. Très souvent, dès le début des recherches d’emploi, on se heurte à une composante essentielle des offres : l’expérience. 

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Les entreprises impressionnent énormément les jeunes arrivants par des demandes d’expérience si élevées qu’ils ne pensent même plus à postuler tant l’offre ne leur paraît plus être à leur portée. Débuter une carrière après de hautes études devient ainsi de moins en moins évident. On pourrait croire aujourd’hui que les entreprises ne cherchent désormais plus à former. Elles désirent aujourd’hui des collaborateurs déjà prêts et rôdés par le monde professionnel, qui connaissent tous les rouages de leur métier même pour les postes les plus simples. Mais qu’en est-il des nouveaux arrivants ? Comment arrivent-ils à se faire une place dans ce monde qui se base principalement sur l’expérience ?

Très souvent, lorsqu’on parcourt les offres d’emploi, on découvre des incohérences parfois beaucoup trop évidentes, qui réfrènent d’autant plus à postuler. Par exemple, des entreprises qui cherchent un collaborateur junior dans un domaine mais qui doit posséder près d’une dizaine d’années d’expérience ou encore des entreprises qui demandent un nombre d’années d’expérience pour un outil spécifique alors que celui-ci existe depuis moins longtemps… La plateforme LinkedIn regorge de postes largement partagés mettant en évidence toute cette problématique. Dans mon article « Une référence vaut mille mots », je parlais déjà de ce problème récurrent qui freine d’autant plus les jeunes talents prometteurs ayant toutes les capacités pour réussir mais qui, sans expérience concrète, nécessitent quelques mois d’adaptation et de formation en entreprise pour développer tout leur potentiel. En procédant ainsi, en étant beaucoup trop spécifiques dans leurs offres d’emploi, les entreprises peuvent ainsi elles-mêmes se mettre des bâtons dans les roues. Car, chercher la perfection c’est aussi perdre de vue les profils atypiques et pourtant plein de ressources qui n’entrent pas dans leurs critères de recherche.

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Ce qu’on remarque aujourd’hui, c’est une réelle perte de motivation pour certaines entreprises à engager les nouveaux arrivants tout en les formant et valorisant. Celles-ci préfèrent proposer désormais des stages sous-payés voir non rémunérés. Elles exploitent ainsi les profils des jeunes arrivants dans le monde professionnel qui se trouvent ainsi obligés de passer les premières années de leur carrière avec un salaire bien en dessous de la moyenne. On remarque cela surtout dans les métiers de la communication et du marketing. J’ai, en effet, pu constater cela par l’intermédiaire de mes anciens camarades de classe qui ont débuté leur carrière depuis peu et qui se sont retrouvés obligés pour certains à réaliser des stages ou des petits mandats freelance sans garantie d’embauche réelle. Certes, on pourrait expliquer cette manière d’agir par le côté très volatile de ces milieux, mais je pense que les choses sont plus profondes que cela.

Selon moi, cette nouvelle mouvance est due au fait que les nouvelles générations ne veulent désormais plus garder un poste fixe pendant des dizaines d’années. Aujourd’hui, il n’est plus question de rester dans la même entreprise pendant toute sa carrière mais d’expérimenter et changer facilement de milieu pour découvrir de nouveaux horizons. Les entreprises ne veulent donc peut-être plus perdre au change en formant des collaborateurs qui ne resteront pas, et préfèrent donc procéder à des tris beaucoup plus sélectifs pour trouver le profil qui leur fournira du travail de qualité dès son arrivée.

Comment faire donc pour anticiper ces façons de procéder et se donner les chances de débuter plus facilement une carrière ? On observe aujourd’hui, en amont, la volonté des hautes écoles de privilégier l’expérience dans le cadre des formations en professionnalisant de plus en plus leurs formations. Plus en HES qu’à l’université, le point est mis sur la participation active d’entreprises dans le cadre de projets de formation afin de rapidement permettre aux étudiants de comprendre les enjeux du monde professionnel et de leur donner les clés pour se démarquer plus facilement des autres lorsque leurs études se terminent. Les écoles travaillent ainsi de plus en plus en collaboration avec les entreprises afin de rendre leurs formations les plus professionnalisantes possibles. Mais est-ce suffisant ?

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Je pense que l’action doit aussi être faite de la part des futurs diplômés en se formant en parallèle de leurs études par l’intermédiaire d’emplois ou petits mandats en lien direct avec leur futur métier. Ainsi, ceux-ci peuvent prévaloir ensuite d’une expérience pratique et montrer aux entreprises leur intérêt certain pour leur futur emploi et leur envie personnelle d’avoir voulu développer leurs compétences tout en ayant étudié en parallèle. En faisant cela, ils peuvent ainsi pressentir plus facilement si leurs études leur conviennent et savoir donc si cette voie de formation leur convient également. On ne peut savoir ce que l’on désire vraiment qu’avec une immersion professionnelle concrète. Même réaliser des stages pendant ses vacances peut ainsi être mis en avant comme expérience et permet ainsi de s’armer le mieux possible lors de son arrivée dans le monde professionnel. Chacun doit se donner les moyens de découvrir ses réelles envies de métier et pour cela, commencer le plus tôt possible à expérimenter le monde professionnel de manière indépendante.

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